Toute l'actualité de la planète ovale décryptée par un apprenti journaliste et passionné de rugby. Le guide complet de la Coupe du Monde, c'est sur Rugbystiquement Votre.

Une question de destin...

1623729-france-nz-640x280.jpg

Une semaine après la fin de la coupe du monde, les bilans fleurissent dans les médias comme les erreurs d’arbitrage se sont multipliées durant la compétition. Les Blacks se sont imposés, enfin, dans un grand soulagement. 

Pendant ce temps-là, le XV de France a vécu une phase de poule cauchemardesque avant de sortir la tête de l’eau pour aller jusqu’en finale. On le sait, les Bleus ne sont plus à un paradoxe près. Bizarrement, si la France ne méritait pas de disputer la finale de la coupe du monde, elle ne méritait absolument pas de la perdre. Juste retour des choses ? Peut-être. En tout cas, c’est la Nouvelle-Zélande qui en a profité.

155-mccaw-1.jpg

Les Blacks pour l’éternité

726353-le-capitaine-richie-mccaw-apres-avoir-637x0-2.jpgDeux dates. Le 22 février 2011 et le 23 octobre 2011. En tout juste huit mois, la Nouvelle-Zélande a connu le pire et le meilleur. Le pire avait commencé en février, avec un terrible séisme d’une magnitude de 6,3. Au final, 180 morts sont à dénombrer.
Les dégâts sont humains, mais aussi financiers et surtout moraux. C’est tout un pays qui avait sombré dans le néant en l’espace de quelques mois. Alors, la coupe du monde organisée à la maison était le seul moyen de reconstruire le pays. Les 30 Blacks avaient une mission. Personne n’aurait pardonné à ces hommes d’avoir échouer dans leur quête. Et forcément, lorsque Richie McCaw soulève la coupe Webb Ellis le 23 octobre dernier, c’est tout un peuple qui recommence à vivre.
Les All Blacks ont remporté la coupe du monde en 1987, à la maison, déjà face au XV de France (29-9). Depuis, plus rien. Champions du monde des tests-matches entre les coupes du monde, ils n’avaient pas su remettre la main sur le trophée. En 2011, tout semblait réunit pour vaincre enfin la malédiction.

 

Pourtant, les Blacks ont bien cru qu’un autre séisme allait s’inviter à la fête. La blessure de Dan Carter après la rencontre face à la France, en poule (37-17), l’a contraint à déclarer forfait pour le reste de la compétition. Premier coup de tonnerre. Colin Slade, son remplaçant, a vécu le même sort en demies face à l’Australie. Puis, Aaron Cruden, appelé pour suppléer Carter, s’est aussi blessé en finale. 747258-8844659-317-238-1.jpgLa Nouvelle-Zélande a donc remporté le titre de champion du monde avec leur quatrième ouvreur, Stephen Donald, encore à la pêche quelques jours avant que Graham Henry ne l’appelle. Une compétition folle mais finalement victorieuse. Du premier match face aux Tonga, jusqu’à la demie contre les Australiens, le All Blacks ont assuré le spectacle.
C’est la seule équipe à avoir fait étalage de son talent à chaque match. Avec du mouvement dans le jeu, des essais bien construits, des joueurs en feu et une prestation collective impeccable. Aucune autre équipe peut se targuer d’avoir su proposer des matches de haut niveau de manière permanente.

Un XV de France indéfinissable

Si près. Et pourtant, si loin. A l’issue d’une phase de poules médiocre voire catastrophique, le XV de France s’est hissé en finale du mondial, envers et contre tous. Matches sans valeur, garçons sans capacité de réaction, rapports internes pourris et médiatisation calamiteuse. Durant un mois et demi, les Bleus et leur staff ont vécu dans le chaos. Le courant ne passait plus entre Marc Lièvremont et l’ensemble de l’effectif français. A la fin, ceux-ci ne se parlaient plus du tout. Un profond malaise s’était installé après les déboires italiens l’hiver dernier, où la défaite provocante face aux Tonga. Malgré tout, les Bleus ont pris les clés du camion, conscients que les conflits entre joueurs et entraineur ne devaient pas faire de l’ombre sur la possibilité de jouer une demi-finale ou une finale de coupe du monde.

sipa-ap21047023-000002.jpg
Brillants face à l’Angleterre, avec un Morgan Parra reconverti à l’ouverture, les Bleus sont allés chercher une « perf’ » donc eux seuls sont capables dans de tels moments de doutes. En demies, et à 15 contre 14, ils ont frôlé la correctionnelle face à un Pays de Galles extraordinaire d’un bout à l’autre de la compétition.
En finale, face aux Blacks, le XV de France a probablement livré son match le plus abouti de l’ère Lièvremont. Solide en conquête et dominateurs dans tous les secteurs, le XV de France est passé à deux doigts d’un premier titre planétaire. Thierry Dusautoir, joueur de l’année selon l’IRB, a été monstrueux du début à la fin du match. Le capitaine français a montré l’exemple et emmené dans son sillage les excellents Pascal Papé, Morgan Parra ou Julien Bonnaire. Malheureusement, le destin et un arbitrage douteux de Craig Joubert ont fait basculer la pièce du mauvaise côté.
Un signe, dirons certains. Surement. Si l’Equipe de France ne méritait pas d’aller en finale, elle méritait largement de la gagner. Le rugby français restera toujours un éternel paradoxe. Souvent inexplicable et c’est peut être mieux ainsi.

la-france-bat-les-all-blacks.jpg

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site