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Le fossé Nord-Sud

A presque un mois de la coupe du monde, les équipes se préparent et s’affutent, plus que jamais. Malgré cet aspect, le fossé entre l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud est déjà visible. Sans que cela veuille forcément dire qu’il en sera de même au pays du long nuage blanc. Quoi que.


 

 

 

       

 

Les jours passent, les heures défilent et un constat : la coupe du monde approche à grand pas. 33 jours et on y sera. La Nouvelle-Zélande, terre sacrée du rugby va accueillir le septième mondial du rugby. Mais avant cela, la grande messe des analyses a déjà commencée. Quelques matchs amicaux sont là pour nous aiguiller. Ils n’ont certainement pas grande valeur, mais à défaut de plus, il faut s’en contenter. Il faut savoir faire feu de tout bois, comme disait l’autre.

Si le Tournoi des VI Nations reste la référence rugbystique sur les prés européens, le Tri Nations en est son exacte réplique beaucoup plus au Sud. Mais en mieux. Beaucoup mieux. L’Australie et la Nouvelle Zélande impressionnent au fur et à mesure que le temps passe. La mainmise des Reds et des Crusaders sur le Super 15 avait laissé présager ce phénomène. Dans un premier temps, les Aussies ont disposé facilement de Boks volontairement amoindri (39-20). Sous l’impulsion de la charnière Genia-Cooper, les Wallabies ont envoyé du jeu dans tous les sens. Festival offensif donc, avec des essais d’Alexander, Ioane, O’Connor, Moore et Ashley-Cooper. Les Australiens ont récité leurs gammes, tout comme les Néo-zélandais l’ont fait la semaine suivante, toujours face à l’Afrique du Sud (40-7).

 

 

« Plus vite, plus haut, plus fort »

En regardant  les matchs de Tri Nations, on ne peut que se délecter du niveau de jeu proposé par les stars du Sud. Carter possède toujours la classe magistrale, Cooper le génie créatif, Genia les gènes aborigènes de l’explosivité instantané, Guilford la fougue et Jane l’esprit revanchard. Et ainsi de suite. Si l’on compare avec ce qui se fait en Europe, le constat est sans appel. Les pensionnaires du VI Nations sont à la traine. L’Angleterre a tenté pendant le Tournoi de proposer un projet de jeu porté vers l’offensive. Avec notamment les flèches Foden et Ashton. Pour le reste, les schémas de jeu restent stéréotypés. Les temps de jeu se comptent bien souvent sur les cinq doigts de la main, alors que les Blacks et Wallabies enchainent sans arrêt. N’hésitant pas à renverser le jeu si les espaces se bouchent. En Europe, la sacro sainte tactique du « toujours même sens » condamne les relances et les prises d’initiative. Dans la même optique, le drop reste une arme privilégiée des Anglais, Irlandais et même Français (avec moins de réussite que artificiers Wilko, O’Gara ou Sexton). Tandis que les équipes du Tri Nations – auxquelles on pourrait ajouter les nations du Pacifique – insistent au ras, au centre de l’attaque (les chars Nonu, Williams et Ashley-Cooper sont là…) et sur les renversements d’aile improvisés.

Déjà trop tard ?


Les équipes de l’Hémisphère Nord paraissent rester sur leurs gardes. Comme frustrées par l’enjeu. Même lors des matchs amicaux, où le but serait de tenter un maximum de choses, « histoire de voir ». Face aux Gallois, les hommes de Martin Johnson ont préféré faire étalage de leur puissance physique, en multipliant les phases au près et les groupés-pénétrants. Pendant ce temps là, Jane vient se positionner à l’ouverture pour créer de l’incertitude dans la défense adverse, avec un Dan Carter étincelant pour trouver les espaces dans le dos de ses centres. Pendant ce temps là, les trois quarts australiens redoublent et croisent pour envoyer leurs ailiers à dame. Pendant ce temps là, - et non sans faire parler – les Boks se retranchent dans des camps, pour mieux se préparer. Pendant ce temps là, la France perd Huget pour des absences répétées lors de contrôles antidopage. Pendant ce temps là, la Nouvelle-Zélande et l’Australie sont déjà en train de gagner la coupe du monde. Ni plus. Ni moins.

Thomas Perotto

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