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Dans le coup, Lulu ?

Pendant le match Biarritz-Bayonne, Lucien Harinordoquy n’a pas supporté que son fils soit chahuté par deux ennemis bayonnais. C’est l’histoire d’un fait divers qui oscille entre le pathétique et le comique. Réactions.

sport-home-alaune-sport24-519041-12130838-7-fre-fr.jpg                                                  Crédit Photo: Panoramic

Un derby, ce n’est pas un match comme les autres. Alors un derby basque, imaginez… Deux villes séparées d’à peine cinq kilomètres, avec des tensions exacerbées entre supporters et joueurs. A Aguilera, mardi soir, on ne retiendra pas que le Biarritz Olympique a battu l’Aviron Bayonnais, à l’issue d’une pénalité in extremis de Julien Peyrelongue (21-19).
Le fait marquant, c’était juste après le coup d’envoi. A la sixième minute, une échauffourée éclate entre le capitaine biarrot Imanol Harinordoquy et deux joueurs bayonnais, Jean-Jo Marmouyet et Renaud Boyoud. Dans les tribunes, un homme bouillonne et ne tient plus en place. Il franchit la barrière de sécurité et pénètre sur le terrain. Il s’agit de Lucien Harinordoquy, père de, venu enclencher la machine à mornifles pour défendre son fils préféré.

Lulu fait le buzz

Un geste sanguin ? Vertueux ? Familial ? Inutile ? Un peu de tout ça à la fois, surement. Jean-Michel, amateur de rugby et éducateur dans un club, n’y vas pas de main morte. Pour lui, « Lulu de Garasi » a fauté : « Il vient juste de détruire plusieurs années de dur labeur des éducateurs de jeunes et moins jeunes vis à vis des spectateurs. C’est l’image du rugby qui en prend un coup ». Sur Internet,  les débats vont bon train sur la « prestation » médiatique de Lucien Harinordoquy : « On peut éventuellement comprendre la réaction viscérale du père, mais je crois qu’Imanol était capable de se défendre tout seul » analyse Aurélie, supportrice devant sa télé. Des réactions comme celle-là sont possibles en cadets ou en juniors, dans les clubs qui sentent bon le terroir rugbystique français. Mais en Top 14, dans un match d’une telle exposition, c’est la première fois. Nombreux sont ceux qui pensent que cet épisode peut ternir l’image du rugby.

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Il y a ceux qui préfèrent voir le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide. C’est le cas de Bertrand Lagacherie, journaliste rugby à L’Equipe.fr : « Franchement, je me suis marré quand j’ai vu l’action. C’est drôle ce côté « le père vient défendre son fils », on se croirait dans un match de Crabos chez les jeunes. Après, si c’est un acte isolé, ça n’ira pas plus loin, il n’y a pas besoin d’en faire plus. On en parle car c’est le père d’Imanol Harinordoquy, sinon l’affaire serait déjà oubliée ». Le battage médiatique a en effet été important le soir du match et le lendemain (hier), notamment sous l’impulsion des dirigeants bayonnais, qui voulaient porter plainte contre Lucien Harinordoquy.
Depuis hier, « Lulu » a échappé à cela. Mais le Biarritz Olympique, lui, devra passer devant la Ligue Nationale de Rugby le 15 décembre. Finalement, ce qui pose le plus problème dans cette affaire, ce n’est pas le fait qu’un père décide de faire respecter le proverbe « on lave notre linge sale en famille », c’est surtout que le dispositif de sécurité dans le stade ne soit pas plus bienveillant. Et c’est là que le BO pourrait perdre des points. Les poings, eux, font partie du folklore.

Thomas Perotto 

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